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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 07:53

  Il me reste dans mes valises pas mal de notes, à retranscrire et mettre au beau propre, qui traînent pour certaines depuis des mois et commencent à franchement se défraîchir...

Je repêche celles-ci, dans un élan de grand nettoyage d'automne : clôture du colloque sur Penser la violence des femmes : François-Xavier Molia, « Qu'est-ce qu'une femme ? Violence et identité féminine dans la saga Terminator ».

 

Je retranscris et poste cette présentation-là, bien sûr parce qu'elle m'avait beaucoup plu.

J'avais trouvé, pour commencer, le personnage très sympathique. Et drôle.

Et sa démonstration très bien foutue, et intéressante.

 

(Donc bon, de toutes façons, je l'aurais collée ici, cette présentation. Qui que soit ou eût pu être par ailleurs son auteur. Quoi qu'il ait pu faire. En dehors.)

 

Mais il se trouve qu'en plus, et de surcroît, j'ai fait par la suite cette découverte, qui m'a franchement secouée. (Je ne l'ai découvert qu'après-coup - je n'avais plus le bonhomme en question sous les yeux.)

 

xabi.jpg« François-Xavier Molia », c'est un pseudo. Pour passer incognito. Son vrai nom, c'est Xabi Molia....

Le monsieur, .

Son film, Huit fois debout, je l'avais vu juste quelques semaines avant, et je l'avais absolument adoré. Je crois que j'étais ce soir-là, ou cette semaine-là, dans un état psychique et émotionnel un peu particulier, précaire, sur la brèche, en tout cas, ce film a déclenché en moi une sorte de raz-de-marée ; j'ai passé lune bonne partie de la séance noyée dans mes larmes. J'ai été touchée au plus sensible et mou de mon être, au plus vulnérable, par le personnage, Elsa. (Du coup, depuis, Elsa (une de plus ) s'est installée à l'intérieur de moi (petit studio tout confort avec vue sur la mer), à côté de tous ces être humains et non humains qui me peuplent et me soutiennent au quotidien).

[C'est marrant, parce que « l'emballage » du film (son affiche, sa bande annonce, sa bande son) donne l'impression de quelque chose de très léger et rigolo (je pensais voir un film comme ça, quand je suis rentrée dans la salle), et d'ailleurs la réception, par la presse et les gens que j'ai pu rencontrer autour de moi, coïncide avec ce côté petit bonbon drôlatique. Ça m'a scotchée, quand j'ai réalisé ça. Qu'on puisse trouver ce film (seulement) rigolo, presqu'anecdotique, fleuri – alors que pour moi, c'était un immense chagrin. Ma fragilité exposée en grand sur l'écran. Ce qui m'a rassurée, c'est qu'une amie y voie exactement la même chose que moi. Ouf, je n'étais pas folle...]

 

Tout ça pour dire que cette analyse de Terminator émane d'un maître de conférences en cinéma à l'université de Poitiers, mais aussi, pour moi, d'une personne au regard humain et juste (bien que, je ne l'oublie pas, un film ne se construit pas tout seul).

 

Ce jour-là, c'était loin d'être triste. F.X. Molia a commencé par une bonne blague, à propos du titre donné à son intervention. Expliquant que quand il avait appris qu'il passait en dernier, le vendredi à 17 heures, après deux jours de colloque et 29 présentations sur la violence des femmes, il s'était dit qu'il devait taper fort et trouver un titre bien racoleur s'il voulait espérer recueillir un tout petit peu d'attention. D'où « qu'est-ce qu'une femme ».

  

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commentaires

Phil Siné 26/11/2010 11:27



ah ben je ne savais pas que ce monsieur faisait autant de choses palpitantes... en tout cas, son film était en effet très très bien... et d'ailleurs, dans le genre film qui a l'air d'une comédie
légère et qui finalement te met sans dessus dessous, il y a "le nom des gens" en ce moment... à ne pas manquer, pour sûr ! :)



Alix 26/11/2010 20:22



Vivement la chronique !



HK 19/11/2010 13:06



« Atteindre le but, c'est louper tout le reste. » C'est génial cette phrase !
Et moi j'ai loupé un bon film apparemment... vivement que je trouve l'occasion de rattraper ça :)



Alix 19/11/2010 23:17



et du coup, grâce à toi, je suis allée lire pour-de-vrai la critique de Télérama que j'ai mise en lien (ouh la vilaine qui lit même pas ses liens ;p) - on y retrouve cette idée de "légèreté",
"douceur", etc. - peut-être même, en fait, que c'est ce que le réalisateur lui-même a voulu mettre dans ce film, ce que lui-même y voit ?... peut-être que mon regard (et celui d'Adeline aussi,
alors) est minoritaire.


Mais quand je lis "Plus doux qu'amer, ce constat cruel sur la précarité a la légèreté d'un conte. Même dans ses aspects sombres, le film est une ode aux boiteux de la vie, pas si désireux de
marcher droit, pas si pressés d'être recadrés. Prenez Mathieu : pour faire chic, il a inscrit « tir à l'arc » dans la catégorie « loisirs » de son CV. Du coup, il passe plus de temps à
s'entraîner qu'à chercher un emploi ! Elsa n'a aucun diplôme ? Et alors ? Elle préfère passer des heures à rêvasser en haut d'un arbre ou à marcher dans la forêt..." (critique de Télérama), ça me
laisse un peu.... insatisfaite, interdite, avec des petits bouts de débuts de colères, finalement !


parce que... "et alors ?" ben alors elle est pauvre, elle est dans la merde, elle se fait expulser de son appart, elle n'a nulle part où aller (après avoir un peu squatté et s'être sentie
indésirable), plus de toit sur sa tête elle dort dans une tente, elle ne peut pas voir son fils, elle a peur, elle lave des bus au noir la nuits dans des endroits lugubres, sa vie tient à un fil
-


et alors ?....


peut-être que Julie (et Mathieu) sont "poétiques", peut-être que "c'est eux qui ont raison", mais en attendant... ils sont gravement dans la merde, et pour moi le désespoir n'est pas loin -


et si le film finit bien, ça tient à un fil - qui pourra se rompre juste après le générique.


aussi joli et doux qu'il soit, ce film m'a fait peur - c'est aussi pour ça que je l'ai trouvé si beau.


"le refus de gagner à tout prix" (derniers mots de la critique de Télérama) : une allure de foutage de gueule, pour celles et ceux qui perdent, et qui se prennent dans la gueule la violence
d'être out, de ne pas pouvoir payer son électricité, payer son loyer - dormir dehors, pas voir son enfant... est-ce Julie a vraiment "décidé" de refuser de gagner ?


(pour ma part je suis bien contente d'avoir gagné mon salaire mensualisé)


Quoi que tu aies voulu dire, Xabi, merci pour le résultat - et oui oui HK, il faut que tu le voies !! ne serait-ce que pour me dire si le rire l'a emporté sur les larmes, ou les larmes sur le
rire...



Présentation

Où êtes-vous ?

Chez la méduse. Glânez comme bon vous semblera.
Vous trouverez ici de petits comptes-rendus de bouquins que j'ai lus (plus souvent de passages / chapitres), ou (plus rarement) de cours / séminaires / conférences auxquels j'ai assisté. (Je veillerai à user les citations avec modération, si !)
Ces petits topos seront situés : c'est moi qui parle, j'écrirai donc ce que j'ai compris / pas compris, ce que j'ai aimé, ce qui m'a intéressé, ce avec quoi je suis en désaccord, etc. Les réactions sont très bienvenues. Vous y trouverez aussi épisodiquement des récits - de choses vues, entendues, autour de moi.
Thèmes abordés chez la méduse : féminisme, théorie féministe, genre - militantisme, sciences sociales, racisme aussi (... etc.?)
Pour quelques explications sur la méduse qui change en pierre et vaque à son tas, vous trouverez un topo ici. D'avance merci pour vos lectures.

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