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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 11:26

Je n'aime pas ce texte, mais je ne voudrais pas pour autant disqualifier Nacira Guénif-Souilamas (aux yeux de mes quatre lecteurs ;p).

 

nacira-copie-1D'autant qu'à partir de la page 81 du bouquin, c'est vachement mieux (donc presque tout le dernier tiers de son article, finalement, est d'une bien meilleure qualité...).

Puis certainement que des idées fortes et importantes sont formulées – c'est d'autant plus dommage qu'on ait à les chercher emmêlées empêtrées sous un fouillis d'autres choses.

 

Pour vous faire une meilleure idée de son travail, vous pouvez aller lire ici l'un de ses articles en texte intégral.

Sylvie Tissot propose ici un compte-rendu beaucoup plus affable du livre que je descends (reste qu'elle parle essentiellement de la partie de Macé).

 

Enfin, j'ai tenu quelques minutes entre mes mains son second ouvrage, « Des beurettes », paru en 2003 chez Hachette Pluriel (oui je sais, quelques minutes....) - et ce que j'en ai parcouru m'a fait le meilleur effet (j'ai eu entre autre le temps de lire en entier l'introduction, que j'ai trouvée de grande qualité).

Pour un large extrait du premier, paru en 2000, qui a reçu le prix Le Monde de la recherche universitaire... voir ici.

On pourrait peut-être dire, finalement, que les sociologues produisent de bien meilleurs textes quand ils parlent de leurs sujets, qu'ils connaissent pour les avoir étudiés, avec un travail de terrain, des méthodes d'enquêtes, bref... quand ils font de la sociologie (et pas des billets d'humeur).

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 09:27

Je continue à vous parler du livre d'Eric Macé et Nacira Guénif-Souilamas paru en 2004, « Les féministes et le garçon arabe », ce que j'ai commencé à faire ici, et plus particulièrement du texte de Nacira GS, ce que j'ai entrepris .


J'écrivais dans mon précédent post qu'on ne savait pas de qui elle parlait, des « jeunes de banlieue » ou du « garçon arabe ». Mais c'est encore plus profond que cela.

Page 62 elle écrit : « Il […] s'agit […] ici […] de comprendre la genèse sociale d'une figure ». Cette phrase fait écho à ce qu'on peut lire dans l'introduction : « Que ce soit […] sous la forme d'une racaille incivilisable laissant libre cours à ses pulsions machistes et ethniques, ou sous la forme encore plus pernicieuse d'un néocommunautarisme islamique, le « garçon arabe » est construit comme un corps triplement étranger à la modernité […] » (p.11). Il est question ici de « figure », le garçon arabe est habillé de guillemets, et l'on cherche à comprendre la façon dont il est construit, non en tant qu'être réel mais en tant que figure, construction symbolique, image, repoussoir imaginaire. (NGS cite d'ailleurs en note deux articles écrits par Angelina Peralva et Eric Macé, qui traitent du « traitement médiatique des violences accordées de plus en plus à l'arabe-pluriel » (p.106 note 74) : on est bien du côté de la construction.)


La confusion et le trouble viennent du fait qu'ensuite, dans le fil du texte de Nacira Guénif-Souilamas, on perd de vue cette idée de « figure », de construction de l'imaginaire collectif, quand l'auteure semble parler ou vouloir parler des personnes, des véritables êtres de chair, et expliquer pourquoi ils sont (de fait) ainsi.

Les deux registres se mélangent : le registre de la réalité (que se passe-t-il vraiment pour eux, comment, et pourquoi ?), et le registre du stigmate, de la figure, de la construction imaginaire ; ce flou rend l'argumentation très confuse, et produit en outre ce trouble que j'évoquais dans mon précédent post : si l'on flirte en permanence entre discours de la réalité et discours du stigmate, l'insulte n'est jamais loin.


NGS emploie des expressions qui me hérissent littéralement le poil – pas possible pour moi d'entendre une chercheuse désigner ainsi les protagonistes de son terrain : « les p'tits gars des quartiers » (pp. 70, 72), « les p'tits Arabes » (p.71), « les p'tits gars des banlieues » (p.74)... Cela révèle un rapport de condescendance, presque de mépris, que je trouve intolérable. (Elle les prend vraiment pour des cons.)


C'est un principe éthique, déontologique, et aussi, finalement, épistémologique fondamental, non, de reconnaître et prendre en compte les acteurs sociaux (qu'en tant que sociologue on « étudie ») comme des sujets à part entière ? Les respecter comme sujets ? Le travail consiste à décrire, rendre compte, objectiver, comprendre, expliquer – et pas... prendre pour des cons ;p


Dans la droite ligne de ces expressions condescendantes, je relève une façon de décrire en détails la gestuelle de ces personnes qui s'apparente à de l'ethnologie dans son sens ancien et péjoratif – elle observe les « p'tits gars des quartiers » comme on observait dans le temps les sauvages, comme on observerait de petits animaux en liberté. Codes, rituels et mœurs décrits sur un mode exclusivement négatif, avec, même, un incroyable mépris : « les contacts limités aux mains, à une gestuelle hybride, espace d'inventivité trop méconnu, ou à la stricte nécessité de l'affrontement, du jeu sportif, le crachat […], ressource inépuisable d'adolescents en quête de mise en scène, figuration sublimée de l'éjaculation, le rapport amoureux et l'estime de soi détruits lors de l'entrée par effraction dans le corps de la femme convoitée » (pp.74-75) (Grand délire sur la fin – le crachat rapporté à l'éjaculation, et ce sous-entendu ( ? ) tous ces « p'tits gars » dont elle parle seraient des violeurs ???)


C'est quoi cette façon d'envisager des sujets sociaux, de la part d'une sociologue ??

J'ajouterai ici qu'elle les appréhende comme totalement dénués de ressources, d'intelligence propre, de capacité à inventer ; comme des corps vides écrasés par leur domination, uniquement définis par un rapport négatif à (leur « passé », leur avenir, leurs émotions, les autres, etc.) Elle l'écrit d'ailleurs clairement page 74 : « ils sont avant tout dominés et aliénés ». « Aliénés », oui, elle semble le croire, et même évidés, écervelés, pantins creux, coquilles vides.

Cette façon d'envisager la personne me paraît tout à fait surprenant de la part d'une féministe. Et plus encore d'une féministe s'étant positionnée contre la loi sur le voile, familière donc de la problématique de la soit-disant aliénation qui autorise à ce qu'on parle et décide à la place de.

Les sujets même dominés restent toujours des sujets, ils ne disparaissent pas sous le poids du pouvoir – plus ou moins conscients et émancipés mais jamais totalement mystifiés, écrasés, évidés.

Elle écrit d'ailleurs quelques lignes qui vont dans ce sens, page 75 : « comme pour les filles voilées, tout le monde parle à la place des garçons arabes » - n'est-ce pas là ce qu'elle fait elle aussi, et de la façon la plus violente ?


Elle se réfère à des modèles tout à fait normatifs de la sexualité (en en ignorant, apparemment, la portée normative – faisant comme si ça allait de soi pour tout le monde) : « Sauraient-ils, comme l'amant de lady Chatterley, parler à leur sexe comme au complice de tous les plaisirs retrouvés et comme l'objet de leur libération […] ? » (p.76) (Je n'ai aucune envie pour ma part de « parler à [mon] sexe (?!) « comme au complice de tous les plaisirs retrouvés »... ?!)

Cette phrase (et ce qui l'entoure) me laisse un profond malaise. Encore une fois, on n'est pas du côté de la construction imaginaire (expliquer comment le genre comme rapport de pouvoir construit le « garçon arabe » comme un corps déviant, dangereux, étranger, à travers des références à la sexualité – les garçons arabes entre impuissance et bestialité, la littérature sur le genre et la race, sur le racisme travaillé par les normes de genre (Elsa Dorlin mon amie...) pourrait éclairer à merveille ce processus). Mais non, ce n'est pas cela que fait ici Nacira Guénif-Souilamas. Elle se place du côté de la réalité, et nous explique pourquoi, pour de vrai, les garçons arabes ne savent pas faire comme l'amant de lady Chatterley.


Elle emploie des phrases-à-la-con, du genre : « L'absence de souci de soi procède avant tout d'une propension à perdre l'autre de vue et une impossibilité de se retrouver, en soi comme face à soi. » (p.76) (Et réciproquement.)


Une phrase, page 80, cumule toutes les épines qui me dérangent sacrément dans le texte de NGS (euphémisme) : « Recouvrer la mémoire, la mémoire de son corps, lutter contre l'amnésie comme on lutte contre un sommeil qui pourrait devenir de plomb, rendrait sans doute aux fils d'immigrants arabes en France la part maudite qui leur manque, comme un membre amputé qui fait mal : leur part féminine, qu'ils ne cessent de scruter dans un face-à-face âpre et solitaire avec les sœurs qu'ils ne connaissent pas et les femmes qu'ils désirent ; leur part masculine pacifiée, qu'ils ne cessent de peser et soupeser dans un colloque misérable avec leurs copains, concurrents, complices. »


1. « recouvrer la mémoire » : ces hommes vivent en France, ils doivent être compris au sein de la société française ; certes, l'histoire peut apporter un éclairage utile – l'histoire de la France, mais aussi du Maghreb dans ses relations avec la France, mais franchement, la poésie anté-islamique n'a rien à voir avec le schmilblick (pas plus, remarque, qu'on ne comprend la jeunesse algérienne d'aujourd'hui au prisme de l'art islamique de l'enluminure...) L'histoire des « mœurs arabo-musulmanes » n'est pas leur mémoire, ils n'ont pas à la « recouvrer ».

2. « la mémoire de son corps » - une expression peut-être assez révélatrice... Comme ça la mémoire serait inscrite « dans le corps » ? Ca expliquerait pourquoi le garçon arabe devrait être renvoyé à l'histoire de ses « ancêtres » (p.72).

3. « la part […] qui leur manque […] comme un membre amputé » : on retrouve cette idée exprimée page 74, « coupés d'un passé »... Il ne leur « manque » rien du tout, ils sont entiers, complets, comme sujets socialisés pleinement dans une société et un milieu donné... C'est une idée qui revient fréquemment, quand on parle de personnes « métisses » ou « issues de l'immigration » ou « à double culture ».... Certaines de ces personnes ont effectivement des attaches affectives, des connaissances (linguistiques en particulier), etc. liées à deux pays / régions ; mais d'autres non – et on veut souvent faire de ces dernières des personnes « à demi », « amputées », à qui il « manque » une moitié... (Personne n'est à moitié.)

4. Une conception plutôt essentialiste du « féminin » et du « masculin ».

5. Des généralisations outrancières (l'usage du « ils » supra-général, l'énoncé tranchant « les sœurs qu'ils ne connaissent pas »...)

La condescendance, le regard supérieur, marqué par l'usage d'un vocabulaire familier (ce n'est plus les « p'tits gars des quartiers », mais leurs « copains »), et surtout le jugement méprisant : un colloque « misérable ».

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:32

Etant donnée la position qu'elle occupe, dans le champ médiatique, dans la sphère féministe aussi, ça m'escagace de critiquer Nacira Guéni-Souilamas. Pourtant... je n'aime vraiment pas son article, et j'ai envie d'expliquer pourquoi.

Un article d'une quarantaine de pages qui vient après celui d'Eric Macé, et qu'elle a intitulé « De nouveaux ennemis intimes : le garçon arabe et la fille beurette ».

 

Je vais lister ici ce qui me chagrine.

 

Nacira Guénif-Souilamas est sociologue (chercheuse au Cadis, laboratoire de sociologie de l'Ecole des hautes études en sciences sociales, et maîtresse de conférences en socio à Paris-XIII) – pourtant son article s'apparente à un essai – ses idées ne prennent appui sur aucun terrain – aucune observation, aucun entretien, aucune donnée quantitative non plus... bref on cherche le réel dans tout ça...

D'autant que... les généralisations et affirmations à l'emporte-pièce fleurissent dans tout l'article, comme le muguet au printemps...

 

Usant d'un ton polémique, jouant d'ironie, maniant le style indirect libre, elle entretient à terme un sentiment de flou désagréable quant à qui parle : elle reprend les propos, les expressions, ou bien grossit le trait des perceptions des autres, culturalistes, racistes, mais son texte est si touffu qu'au final – de mon point de vue en tout cas – on ne sait plus très bien si ces expressions (très dérangeantes) sont les siennes ou celles des racistes. Cette ambiguïté me met mal à l'aise. Je m'arrête sur certaines phrases, écarquille les yeux, reviens en arrière, ah non j'ai mal compris... mais à force... c'est bien confus.

 

Petit exemple : « Le virilisme, expression outrancière d'une masculinité contenue dans ses strictes limites sexuelles, offre en effet l'avantage d'illustrer la proximité idéologique déjà soulignée par Foucault entre perversion et délinquance, ce que, de notoriété publique, les Arabes des cités pratiquent équitablement. [Là, on peut penser que NGS met une distance entre elle et ces propos, qu'elle relaie - qui font la pâte des préjugés culturalistes... ?...] Ces cumulards de la déviance sont donc doublement répréhensibles au regard de règles de la civilité, indexées sur celles de la correction sexuelle. Une désapprobation confortée par la promotion tardive dans nos sociétés d'une rhétorique de la tolérance sexuelle fondée sur le respect et le consentement, toutes choses apparemment étrangères aux mœurs des jeunes Arabes des quartiers. [Alors là, y a-t-il distance ?...] Ils entretiennent l'équivoque en étant plus vrais que nature dans leur mépris pour les femmes et les homosexuels. [On dirait que non.] » (pp.74-75)

 

Elle semble penser qu'en dehors des « quartiers » et des élites politiques, deux pôles de survivance du machisme, notre société n'a plus rien à voir avec la domination masculine - à peu de chose près, tout le monde est féministe... L'homophobie n'existe pas, à part chez les pauvres et les hommes politiques, la violence contre les femmes n'existe pas, les normes de genre sont pipi de chat...

 

« Nous vivons à l'heure de frontières poreuses entre les sexes, à l'époque d'une atténuation des différences sociales entre les sexes [...] » (p.63)

« Là où le coming out autorise, voire préconise l'expression singulière de sa sexualité, tant qu'elle sait rester policée et respecte les usages de la bienséance […] » (p.71)

« Interdits de séjour dans les espaces apaisés de la reconnaissance asexuée, de la promotion de la mixité où, à l'inverse des quartiers, il n'est pas de bon ton de proférer des insultes homophobes [...] » (p.71)

« Si la confusion des genres se joue de tous les tabous dans les cercles cosmopolites » (pp.77-78)

 

Gros gros problème, dans la définition même de son objet (et / ou de son sujet) : de qui parle-t-elle exactement ?... (bouillie...) Parle-t-elle des hommes jeunes des classes populaires habitant dans les banlieues pauvres des grandes villes, dont une grande partie est issue de l'immigration post-coloniale, ou parle-t-elle seulement des hommes jeunes « arabes » ie issus de l'immigration en provenance des pays du Maghreb ? Parle-t-elle des « jeunes de banlieue », ou parle-t-elle du « garçon arabe » ?

C'est tantôt l'un, tantôt l'autre, elle semble faire comme si c'était une seule et même chose, à coups de petits rajouts de phrases, de parenthèses, d'incises - seulement non, faut savoir de quoi on parle...

 

« Dans ce contexte, les garçons arabes – et leurs acolytes, Noirs et « petits Blancs » des milieux populaires » (p.63). A quoi sert tout ce développement sur l'histoire du monde arabe et islamique, l'histoire de l'immigration maghrébine, si le propos doit concerner aussi les « Noirs et « petits Blancs » » ?... (J'avais déjà de gros doutes – non, d'accord, pas des doutes, des certitudes... - sur l'intérêt de convoquer ça pour expliquer le comportement de jeunes hommes issus de l'immigration maghrébine, alors s'il s'agit aussi de comprendre les autres avec ces outils, alors là...)

 

Là où ça part carrément en sucette, pour moi, c'est à partir de la page 65, quand elle tente d'expliquer le « garçon arabe » par « son » ( ???? ) passé, « son » ( ??????) histoire, en nous passant en revue « les mœurs arabo-musulmanes » (p.65), la « généalogie méditerranéenne » (p.66), « les Mille et une Nuits » (p.67)... en remontant carrément à l'époque anté-islamique et à « la poésie galante déclamée par des hommes lors de joutes oratoires » (p.66) !!!

Les jeunes hommes français et vivant en France dont elle parle seraient, d'après elle, « coupés d'un passé riche et complexe » (p.74) – et même, « ils trahissent leur passé » (p.75). N'est-ce pas une façon de les essentialiser, en les renvoyant à leurs « origines », leurs « racines » (supposées) ? Et quel potentiel explicatif peut avoir ce soit-disant « passé » (inscrit dans quoi ? Leurs gènes, leur sang ? La poésie galante anté-islamique, ouais... et le rapport avec eux ?? ils sont arabes pareils ??)

 

Je continue à m'escagacer tout bientôt dans le prochain post qui trépigne...

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 18:49

Emprunté l'un des bouquins un peu connu et médiatisé de Nacira Guénif-Souilamas, auteure que je n'avais jusqu'alors jamais lue, mais pour laquelle j'avais le plus grand respect et bon-feeling-a-priori-positif : « Les féministes et le garçon arabe », coécrit avec Eric Macé (Editions de l'Aube, 2004).

Pas ce à quoi je m'attendais. Surprise, déstabilisation, et, je dois dire, déception, aussi.

 

naciraD'abord, un constat : ce livre n'est pas écrit à deux mains, mais consiste en la simple juxtaposition de deux articles, l'un écrit par Eric Macé (tout seul), l'autre par Nacira Guénif-Souilamas (toute seule) ; seule l'introduction semble belle et bien écrite à vingts doigts. Deux articles que les deux gus avaient déjà publiés auparavant, en 2002 et 2003, dans Cosmopolitiques, et qu'ils collent ici l'un devant l'autre, en y ajoutant une petite intro version salade composée. Bon, pourquoi pas après tout.

Mais ce qui me fait un peu bizarre, avec ça, c'est que le titre du livre est finalement à l'image de cette juxtaposition : « Les féministes et le garçon arabe » - on s'attendrait à ce que l'on traite ici des relations (complexes, mouvantes, problématiques, sous plein d'angles d'approche...) entre les deux.

Mais c'est comme si Eric Macé avait pris le premier bout, « les féministes » (puisque dans son article, assez bon au demeurant, il n'est pour ainsi dire presque jamais question du « garçon arabe »), et Nacira Guénif l'autre bout – en faisant des circonvolutions autour du « garçon arabe », sans jamais vraiment aborder de front la question des LIENS entre ces deux constructions sociales / médiatiques / symboliques / culturelles – ou tout ce qu'on voudra. Pour le moins déstabilisant.

Tromperie sur ma marchandise !!

 

Qu'ils aient voulu publier ensemble, parce qu'ils sont sur la même longueur d'ondes, oui oui ; qu'il y ait là aussi un aspect stratégique – oui ; que le bouquin ait plutôt bien marché, ça me semble une bonne chose – mais mince, ils auraient pu tout de même un peu mieux creuser et collaborer et articuler, et... penser, non ?

 

L'article écrit par Eric Macé s'intitule « l'antisexisme est un postféminisme ou comment défendre l'individu contre les assignations de sexe » ; il fait une trentaine de pages. Je le trouve bien écrit, clair, synthétique – c'est un bon petit texte sympatoche, même si, me dit Acolyte spécialiste de ça, côté histoire, il est un peu léger et approximatif (histoire des mouvements féministes)... Ce qui me chagrine un peu, c'est que ce texte ne traite pas du garçon arabe, de l'islam imaginaire, du racisme, des constructions médiatiques, etc. - enfin, ça ne traite pas du titre du livre...!

 

L'article de Nacira Guénif-Souilamas est un vrai trou d'énigme pour moi.

Premier choc : le style. Lourd, chargé, alambiqué. Bourré de métaphores et de périphrases.

Deuxième choc : le terrain sur lequel elle se situe, le type d'arguments et de références qu'elle mobilise – de... l'imaginaire. Des racines. Bien loin de l'analyse locale.

 

J'en cause dans un tout prochain post...

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Présentation

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Chez la méduse. Glânez comme bon vous semblera.
Vous trouverez ici de petits comptes-rendus de bouquins que j'ai lus (plus souvent de passages / chapitres), ou (plus rarement) de cours / séminaires / conférences auxquels j'ai assisté. (Je veillerai à user les citations avec modération, si !)
Ces petits topos seront situés : c'est moi qui parle, j'écrirai donc ce que j'ai compris / pas compris, ce que j'ai aimé, ce qui m'a intéressé, ce avec quoi je suis en désaccord, etc. Les réactions sont très bienvenues. Vous y trouverez aussi épisodiquement des récits - de choses vues, entendues, autour de moi.
Thèmes abordés chez la méduse : féminisme, théorie féministe, genre - militantisme, sciences sociales, racisme aussi (... etc.?)
Pour quelques explications sur la méduse qui change en pierre et vaque à son tas, vous trouverez un topo ici. D'avance merci pour vos lectures.

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