Il me reste dans mes valises pas mal de notes, à retranscrire et mettre au beau propre, qui traînent pour certaines depuis des mois et commencent à franchement se défraîchir...
Je repêche celles-ci, dans un élan de grand nettoyage d'automne : clôture du colloque sur Penser la violence des femmes : François-Xavier Molia, « Qu'est-ce qu'une femme ? Violence et identité féminine dans la saga Terminator ».
Je retranscris et poste cette présentation-là, bien sûr parce qu'elle m'avait beaucoup plu.
J'avais trouvé, pour commencer, le personnage très sympathique. Et drôle.
Et sa démonstration très bien foutue, et intéressante.
(Donc bon, de toutes façons, je l'aurais collée ici, cette présentation. Qui que soit ou eût pu être par ailleurs son auteur. Quoi qu'il ait pu faire. En dehors.)
Mais il se trouve qu'en plus, et de surcroît, j'ai fait par la suite cette découverte, qui m'a franchement secouée. (Je ne l'ai découvert qu'après-coup - je n'avais plus le bonhomme en question sous les yeux.)
« François-Xavier Molia », c'est un pseudo. Pour passer incognito. Son vrai nom, c'est Xabi Molia....
Le monsieur, là.
Son film, Huit fois debout, je l'avais vu juste quelques semaines avant, et je l'avais absolument adoré. Je crois que j'étais ce soir-là, ou cette semaine-là, dans un état psychique et émotionnel un peu particulier, précaire, sur la brèche, en tout cas, ce film a déclenché en moi une sorte de raz-de-marée ; j'ai passé lune bonne partie de la séance noyée dans mes larmes. J'ai été touchée au plus sensible et mou de mon être, au plus vulnérable, par le personnage, Elsa. (Du coup, depuis, Elsa (une de plus
) s'est installée à l'intérieur de moi (petit studio tout confort avec vue sur la mer), à côté de tous ces être humains et non humains qui me peuplent et me soutiennent au quotidien).
[C'est marrant, parce que « l'emballage » du film (son affiche, sa bande annonce, sa bande son) donne l'impression de quelque chose de très léger et rigolo (je pensais voir un film comme ça, quand je suis rentrée dans la salle), et d'ailleurs la réception, par la presse et les gens que j'ai pu rencontrer autour de moi, coïncide avec ce côté petit bonbon drôlatique. Ça m'a scotchée, quand j'ai réalisé ça. Qu'on puisse trouver ce film (seulement) rigolo, presqu'anecdotique, fleuri – alors que pour moi, c'était un immense chagrin. Ma fragilité exposée en grand sur l'écran. Ce qui m'a rassurée, c'est qu'une amie y voie exactement la même chose que moi. Ouf, je n'étais pas folle...]
Tout ça pour dire que cette analyse de Terminator émane d'un maître de conférences en cinéma à l'université de Poitiers, mais aussi, pour moi, d'une personne au regard humain et juste (bien que, je ne l'oublie pas, un film ne se construit pas tout seul).
Ce jour-là, c'était loin d'être triste. F.X. Molia a commencé par une bonne blague, à propos du titre donné à son intervention. Expliquant que quand il avait appris qu'il passait en dernier, le vendredi à 17 heures, après deux jours de colloque et 29 présentations sur la violence des femmes, il s'était dit qu'il devait taper fort et trouver un titre bien racoleur s'il voulait espérer recueillir un tout petit peu d'attention. D'où « qu'est-ce qu'une femme ».