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La baignoire et le couteau, Guillaume Mazeau ( 1 / 2 )

Je crois qu'il ne m'est encore jamais arrivé de causer d'histoire sur la Méduse. (Je débouche le champagne.)


Les 17 et 18 juin dernier, j'ai tenu les murs dans un colloque super palpitant, organisé par Geneviève Pruvost et Coline Cardi, intitulé « Penser la violence des femmes ». Deux jours d'interventions certes un peu nombreuses et collées-serrées, à la queue leuleu entre deux pauses café petits lu, mais franchement intéressantes. Plein de disciplines représentées : histoire, socio, psycho, littérature, cinéma...

Je m'en vais donc vous parler ici de l'une de ces passionnantes présentations : celle de Guillaume Mazeau, « la baignoire et le couteau, violence politique et construction du genre autour de l'assassinat de Marat (13 juillet 1793). Guillaume Mazeau est maître de conf en histoire contemporaine à Paris I, membre de l'Institut d'histoire de la révolution française. Et il est grassement agréable à écouter quand il raconte des histoires.

 

En résumant mes notes ici, je me rends compte que le résultat est assez brouillon. Ce caractère fouillis ne doit nullement être imputé à G.M. - je pense que c'est l'effet mille-feuilles d'une présentation orale rapide, passé par le moulinet de mon petit poignet grattant. J'espère juste que mon « résumé » fournira quelques idées-questions pour attiser la curiosité de quelques-un.e.s.... qui iront chercher plus avant dans les publications de Mazeau.

 

david maratCet assassinat, explique G. Mazeau, a un intérêt parce qu'il est devenu emblématique : c'est l'événement le plus représenté de la révolution française, avant même la prise de la Bastille. Le tableau de David, réalisé seulement trois mois après le meurtre, a à la fois montré et dissimulé cet événement – l'assassinat est symbolisé et effacé tout à la fois par une image.

 

David est le premier à faire disparaître l'assassin : il efface la femme. C'est lui qui a gagné, puisque pour tout le XIXe siècle Charlotte Corday est effacée de l'histoire officielle. On peut lire cet effacement comme une volonté de dépolitiser l'action politique féminine.

La représentation de Marat rappelle celles d'un Saint-Sébastien, et renvoie ainsi au culte des martyrs de la République.

 

Envisager ce fait historique au prisme du genre se révèle tout à fait heuristique. D'une part l'événement en lui-même, par les personnages qu'il met aux prises et par son contexte, présente des transgressions des normes de genre. D'autre part les stratégies de dépolitisation de cet assassinat qui ont été mises en œuvre ont à voir avec les normes de genre.

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