(suite et fin de mon topo sur la présentation de Christelle Avril... Mon titre est un peu naze mais j'ai rien trouvé de mieux...)
C.A. rend compte des implications de ce rapport social qui constitue les deux groupes (le groupe des "Noires" et le groupe des "Blanches") sur leurs manières de se comporter :
1. Les femmes du groupe des "Noires" ont un rapport à l'emploi différent de celui des "Blanches" : pour faire court, elles acceptent tout (les « cas », les remplacements de dernière minute, les emplois du temps insensés).
2. Elles manifestent une disposition à faire profil bas. C.A. les a suivies sur trois lieux : dans les bureaux de l'association, chez les personnes âgées et dans leur vie privée, et a pu constater que leurs comportements n'étaient pas du tout les mêmes dans ces trois lieux : alors qu'elles sont souvent expansives et bavardes dans leur vie privée, au bureau elles restent très en retrait, se montrent silencieuses, ne répondent pas.
3. Elles développent d'autre part des dispositions à la préservation de soi : elles se préservent des atteintes racistes par un discours de relativisation (« on laisse tomber », « oui il y a des Blancs racistes mais nous on le sent pas », etc.)
4. Elles sont assignées à faire groupe. Comme les Blanches les évitent, nécessairement, elles développent progressivement des relations sociales entre elles ; et en retour, du fait qu'elles se retrouvent entre elles, les "Blanches" élaborent un discours sur « la solidarité naturelle des Noires ». Cette solidarité est en réalité en effet second du processus de discrimination.
Les aides à domicile du groupe des « Blanches » voient leur rapport au travail dévalorisé par le discours sur la professionnalisation tenu par la direction et soutenu par le groupe des « Noires » ; la discrimination à l'égard des « Noires » est aussi une façon de régler ce différend...
Finalement, conclut C.A., il n'est pas si évident de décider, dans cette situation, de qui est dans la position du minoritaire, et qui fait figure de majoritaire.
(J'espère ne pas avoir trop distordu la parole de C. Avril ; je peux juste dire que j'ai trouvé son intervention passionnante. Les autres aussi étaient ma foi fort intéressantes ; j'aimerais plus tard résumer ici la présentation de Geneviève Pruvost sur les femmes dans la police, au moins, et peut-être d'autres. (Qui sait.) ;p )