Suite à la question d'un étudiant, Dorlin s'étend un peu plus sur le rapport entre savoir et militantisme. Une certaine conception du savoir pose que pour être objective, la connaissance doit être « neutre », coupée du monde et de ses enjeux politiques. Une autre conception prend pour point de départ que la connaissance neutre n'existe pas - l'alternative n'est qu'entre un savoir partisan qui s'aveugle sur son caractère situé et le pouvoir qu'il sert, et un savoir qui énonce clairement d'où il parle (la revendication de neutralité faisant par ailleurs partie des stratégies pour imposer son point de vue). Cette seconde conception du savoir s'inscrit dans la lignée des théories foucaldiennes qui lient connaissance et pouvoir, notamment au travers du concept de « savoir-pouvoir ».
"Toute connaissance est le produit d'une situation historique, qu'elle le sache ou non. Mais qu'elle le sache ou non fait une grande différence ; si elle ne le sait pas, si elle se prétend "neutre", elle nie l'histoire qu'elle prétend expliquer [...]. Toute connaissance qui ne reconnaît pas, qui ne prend pas pour prémisse l'oppression sociale, la nie, et en conséquence la sert objectivement." Christine Delphy (citée par E. Dorlin dans "Sexe, genre et sexualités" - bé je vous mettrai la référence exacte plus tard hein les cocos, parce que là, le livre, je l'ai pas - je l'ai prêté à une copine....
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